Le vide. On est peu de choses. En y réfléchissant bien on est beaucoup moins que rien. On n'existe pas, on n'est que du vide, du vent, de la fumée. On se consume et on s'éparpille. C'est vrai, au fond, quand on mourra il ne restera rien de nous à part peut-être une pierre tombale, quelques os ou quelques cendres, et des miettes de souvenirs qui resteront quelques années dans la tête de ceux qui vivent encore. On nous oubliera vite, notre nom ne sera sûrement pas retenu dans l'histoire ou inscrit dans les livres. On vit, on consomme et on meurt. Vivre pour mourir, quel beau poème. Aimer pour regretter, quelle belle fable. On est rien de plus que du vide au milieu d'un gouffre, un petit rien au milieu d'un gros rien.
Et on oublie, on oublie tout le plus vite possible. Sans le savoir, sans le vouloir, on oublie tout ce qui nous tient à c½ur. Alors des fois pour se souvenir on écrit. On écrit un journal. Journal d'un jour, journal de toujours. On écrit aussi pour se confier. Journal intime, journal de rimes. On prend le papier et la plume comme confidents. Mais des confidents muets. Ils garderont le secret mais ne pourront nous aider, nous donner un conseil.
Ecrire pour soi est un défi. C'est vouloir comprendre sa vie. Comprendre le monde qui nous entoure. Essayer de garder une trace de nos idées, de nos réflexions, de nos sentiments, de nos passions. C'est écrire contre l'oubli. Essayer d'avancer. Tenter de donner une autre dimension à ce qu'on vit. Appeller à l'aide. Crier son désarroi. Vanter sa joie de vivre. Laisser quelque chose de nous-même.
On écrit contre l'oubli, mais plus encore contre notre oubli.